La rencontre Trump-Poutine est si proche et pourtant si lointaine


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Un haut responsable américain à Washington a déclaré à l’agence de presse TASS lundi que la Maison Blanche ne prévoit pas une rencontre entre le président Donald Trump et le président Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 (7-8 Juillet) à Hambourg, mais la décision finale n’a pas été prise. Il n’était pas formel, mais pas pessimiste. Il a dit:

  • Vous pouvez tout imaginer mais je m’attendrais à ce que la rencontre ait lieu. Je sais pertinemment que rien n’a encore été prévu, et rien n’a été décidé sur le format.
  • Dans un sens, il (Trump) se prépare toujours à ces rencontres. Il a des séances d’information de renseignement presque tous les jours. Il parle à ses conseillers en sécurité nationale presque tous les jours. Il parle à ses Secrétaires d’Etat et de la Défense un certain nombre de fois par semaine. Alors, il est bien versé sur les questions et reçoit des mises à jour régulières depuis que l’administration a commencé, et même avant qu’elle ne commence.
  • Je m’attendrais à ce que tout le programme soit finalisé avant que nous ne partions, et nous partons le 5 Juillet. Cependant, je ne veux simplement pas vous donner une prévision solide. Je ne suis jamais complètement sûr de quoi que ce soit.

Il y avait toujours une grosse anxiété dans la course aux sommets américano-soviétiques, mais pas de cette façon, où un président américain ne peut pas admettre qu’il espère rencontrer son homologue russe. Barack Obama a commencé la pratique de ne pas planifier des réunions avec M. Poutine en marge des événements internationaux, mais faisait en sorte qu’elles apparaissent comme des événements improvisés. Il voulait donner l’impression que la Russie n’était pas une « priorité » et espérait sans doute qu’il blesserait Poutine. Bien sûr, Poutine s’en fout – tant qu’il avait des affaires à régler. Il y a eu des moments difficiles, bien sûr. Celui qui est encore incrusté dans ma mémoire est la photo d’Obama et Poutine au sommet du G8 2013 à Lough Erne en Irlande du Nord – regardant fixement devant eux, dans le silence de cathédrale, tous les deux maladroitement assis. (Ce fut avant même le coup d’Etat en Ukraine et les sanctions.)

Obama et Poutine au sommet du G8 2013 à Lough Erne en Irlande du Nord.

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a déclaré samedi à Moscou que Poutine est prêt à rencontrer Trump dans n’importe quel « format ». Seulement, Trump pourrait vouloir gonfler les muscles pour apparaitre comme « l’homme fort ». En effet, la déclaration de la Maison Blanche publié lundi soir semble de mauvaise augure :

  • Les États-Unis ont identifié des préparatifs potentiels pour une autre attaque d’armes chimiques par le régime Assad qui se solderait probablement par un assassinat de masse de civils, dont des enfants innocents. Si … M. Assad menait une autre attaque d’assassinat de masse en utilisant des armes chimiques, lui et son armée paieront un lourd tribut.

Les États-Unis sont sur le point de perdre la guerre en Syrie et les Américains sont de mauvais perdants. Dans le même temps, le fossé Saoudo-qatari crée un trou dans la politique Moyen-Orientale de Trump à travers lequel un éléphant pourrait passer. C’est un moment délicat pour un président américain pour négocier avec son homologue russe. Trump pourrait bien considérer Assad comme son punching-ball.

Moscou doit être en mode alerte. Le Ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov a parlé au secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson hier au sujet de la situation syrienne. La Russie a annoncé: « M. Lavrov a appelé Washington à prendre des mesures pour empêcher les provocations contre les troupes gouvernementales syriennes luttant contre les terroristes. »

La Russie a averti qu’il traitera tous les objets volants américains dans l’espace aérien syrien comme des « cibles ». Mais que se passera-t-il si les Américains tirent des missiles sur la Syrie (quel qu’en soit le prétexte), et que les ABM russes les abattent ? Une confrontation militaire russo-américaine peut en résulter. Les choses sont en effet à un point très sensible. Après tout, jeudi dernier, un avion Tu-154 VIP russe avec à son bord le ministre de la défense Sergueï Choïgou a été intercepté dans la mer Baltique au moment où il approchait de Kaliningrad par un avion de guerre de l’OTAN, qui a été forcé de se retirer après qu’un jet Su-27 Flanker l’ait cadré et lui ait clairement montré ses armes.

Coïncidence ou non, le lundi le Projet 955 de la Flotte russe du Nord, le croiseur sous-marin lanceur de missiles Iouri Dolgorouki a effectué avec succès un test de tir d’un missile Boulava depuis la mer de Barents sur des cibles au Kamtchatka. Le ministère de la Défense a déclaré: « Le lancement a été fait en position immergée dans le respect d’un plan d’entrainement au combat ». Le Bulava est un ICBM à propergol solide développé spécialement pour les sous-marins du projet 955, qui peut lancer 10 têtes de 150 kilotonnes chacune à une distance de 10 000 kilomètres.

Fonte: Réseau International

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